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Table ronde du 22 novembre 2024 sur l’île des Embiez
Les participants et participantes (inclut dans le reste du document sous le terme « participants ») ont été invités à se présenter et à décrire librement leur appréciation du site.
Puis, les échanges se sont déroulés de manière spontanée, avec pour seule consigne d’aborder dans un premier temps les solutions envisageables pour assurer la durabilité environnementale et socio-économique de ce site.
La synthèse de cette table ronde est volontairement anonymisée, ce qui permet de limiter les effets de posture, de lobbying ou plus simplement à la timidité que certains participants peuvent ressentir. Afin de structurer le compte rendu, les participants sont répartis en quatre catégories, « Recherche et Science » ; « Gestion et Gouvernance » ; « Communautés Locales et Associations de la Société Civile » ; et « Activités Économiques ».
Appréciation du site NATURA 2000 LAGUNE DU BRUSC
Les participants ont unanimement souligné la richesse et la singularité du site étudié, en mettant en avant ses dimensions écologiques, patrimoniales et scientifiques.
La beauté du site a également été mise en avant, non seulement par la richesse de ses paysages terrestres et marins, mais aussi par l’attachement que lui portent les communautés locales.
Cependant, ce charme est menacé par des pressions telles que la surfréquentation estivale, les mouillages non contrôlés, et un manque général de sensibilisation, tant pour les résidents que pour les visiteurs. Le manque d’information pour expliquer les règlementations a été souligné à plusieurs reprises, avec des touristes souvent ignorants des règles ou de leur impact
environnemental.
Les intervenants de la catégorie « Recherche et Science » ont mis en avant son rôle de laboratoire naturel, où coexistent dans cet espace sous pressions, les écosystèmes et les usages en mer. Le lagon, bien qu’unique en son genre, a vu ses fonctions de nurserie se dégrader et est aujourd’hui un site atelier de restauration écologique.
Du côté de la « Gestion et Gouvernance », l’accent a été mis sur le caractère exceptionnel du site, combinant le récif de posidonie, des paysages insulaires et un patrimoine maritime exceptionnel, avec une forte pression estivale et un manque de contrôle des usages.
Cependant, cette singularité s’accompagne de défis majeurs : un déficit de contrôle des usages, bien qu’il faille noter les efforts de surveillance et de sensibilisation l’été, une pêche plaisancière non encadrée et une fréquentation estivale très élevée. Les participants ont relevé la nécessité d’une meilleure coordination entre les parties prenantes pour protéger ce patrimoine unique.
Les « Communautés Locales et Associations de la Société Civile » ont partagé des ressentis similaires, exprimant leur attachement au site tout en partageant leur frustration face à un usage anarchique du site en saison estivale. Ce groupe et le précédent ont proposé d’intensifier la sensibilisation pendant la saison estivale à l’aide de méthodes créatives et accessibles, tout en insistant sur le besoin de renforcer les interdictions et les contrôles.
Les « Activités Économiques » ont souligné l’évolution du site depuis les années 1990, notant des améliorations mais aussi des dégradations. Ce groupe a valorisé le site pour ses attraits touristiques et historiques, tout en notant les conflits d’usage, ainsi que l’impact de la surfréquentation estivale. Les acteurs ont également reconnu la nécessité d’une gestion plus intelligente des mouillages et d’un renforcement des contrôles pour limiter les comportements néfastes, tout en maintenant l’attractivité économique et touristique du site.
Durabilité socio-économique et environnementale
Concernant la durabilité socio-économique, les participants ont mis en lumière des enjeux importants liés à la sensibilisation et à la gouvernance.
Du côté de la « Recherche et Science », certains ont proposé de s’inspirer de la chasse terrestre pour réguler les pratiques marines, notamment en imposant des règles claires et compréhensibles. Une meilleure coordination entre les parties prenantes a été évoquée, en insistant sur la nécessité d’inclure les usagers dans les processus de décision.
Les « Communautés Locales » ont quant à elles proposé des initiatives de communication ciblées. Par exemple, une application mobile ou des plaquettes explicatives pourraient améliorer la transparence et la responsabilité dans les activités de pêche et de plaisance.
Du côté des « Activités Économiques », les intervenants ont noté des impacts positifs des réserves naturelles sur l’économie locale et ont appelé à étendre ce modèle aux Embiez.
Cependant, la complexité des règlementations marines a été soulignée comme un frein majeur. Les règles souvent différentes d’un site à l’autre compliquent leur compréhension pour les usagers, en particulier pour les touristes estivaux. Une harmonisation des règlementations et des efforts de sensibilisation cohérents entre les zones marines protégées ont été recommandés.
Les compétitions de chasse sous-marine ont également été dénoncées, leurs organisations, bien que ponctuelles, induisent des prélèvements excessifs au détriment de l’équilibre des écosystèmes. Les participants ont plaidé pour une règlementation plus stricte et une meilleure application des règles, appuyées par des contrôles accrus.
La problématique de l’ancrage dans les herbiers a également été mise en avant, des participants recommandant de développer des zones de mouillage écologiques (ZMEL) avec des fonds affectés à la conservation de la biodiversité. Plusieurs participants ont d’ailleurs rappelé qu’un projet de ZMEL est en cours
d’élaboration sur le site.
Les intervenants ont également insisté sur l’importance d’une sensibilisation culturelle et émotionnelle pour éveiller les consciences sur les impacts de la surfréquentation et des comportements irresponsables.
L’éducation environnementale a été perçue comme un axe important pour modifier durablement les attitudes, avec des messages adaptés à chaque type
d’usager, qu’il s’agisse de touristes occasionnels ou de résidents. De manière générale, les participants ont insisté sur l’importance d’une meilleure compréhension des impacts cumulés des petites actions individuelles. Les touristes, souvent peu sensibilisés, perçoivent rarement leurs comportements comme nuisibles.
Une communication plus claire, basée sur des arguments fonctionnels et accessibles, est essentielle pour combler cet écart de perception et favoriser une prise de conscience collective.
CONCLUSION
Les discussions ont permis de dresser un état des lieux riche et détaillé des enjeux liés à la gestion du site, tout en proposant des solutions concrètes pour améliorer sa durabilité socio-économique et environnementale. Ce travail collectif a mis en lumière la nécessité d’une approche intégrée, reposant sur une coopération étroite entre les parties prenantes, pour préserver ce site exceptionnel.
Des propositions de gestion du site, issu de ces échanges, sont soumises à l’évaluation des participants une semaine après l’évènement. Les résultats de ce sondage sont annexés à ce dossier de synthèse.